dimanche 7 décembre 2014

la guerre d'Agadir selon J.M.G Le Clézio معركة مصب واد سوس

AGADIR 30 mars 1912 (extrait de livre le désert)
alors ils sont venus pour la derniére fois ,ils sont apparus sur la grande plaine ,prés de la mer ,à l'embouchure du fleuve,
Ils venaient de toutes les directions,
ceux du Nord,les Ida ou Trouma ,les Ida ou Tanane,les Aït Daoud, les Meskala, les Aït Hadi, les Ida ou Zemzen, les Sidi Amil, ceux de Bigoudine, d'Amizmiz,d'Ichemraren,
Ceux de l'Orient,au-delà de Taroudant ceux de tazenakht,d 'Ouarzazate , les Aït kalla, les Assarag, les Aït kedif, les Amtazguine,les Aït toumert , les Aït youss, Aït Zarhal,Aït oudinar,Aït moudzit ,ceux des monts Sarhro, des monts Bani ceux des rivages de la mer, d'Essaouira jusqu'à Agadir la fortifiée,
ceux de Tiznit, d'Ifni, d'Aoreora,de Tan-tan,de Goulimine,les Aït Melloul, les Lahoussine,les Aït Bella , Aït Boukha ,les Sidi Ahmed ou Moussa,les Ida Gougmar,les Aït Baha;
et ceux du grand Sud surtout, les hommes libres de désert, les Imraguen,les Arib,les Oulad Yahia, Olad Delim,les Aroussiyine, les Khalifia, les Reguibat Sahel,les Sebaa,les peuples de langue chleuh,les Ida ou Belal Ida ou Merbat,les Aït ba Amran,
Il se sont réunis sur le lit du fleuve,si nombreux qu'ils recouvraient toute la valée.Mais ce n'etaient pas des guerriers,pour la plupart.C'etaient des femmes et des enfants,des hommes blessés,des vieillards,tous ceux qui avaient fui sans cesse sur les routes de poussiére,chassés par l'arrivée des soldats étrangers, et qui ne savaient plus où aller.la mer les avaient arrêtés ici,devant la grande ville d'Agadir.
pour la plupart, ils  ne savaient pas pourquoi ils étaient ici,sur le lit du fleuve souss,Peut-être que c'étaient seulement la faim,la fatigue,le désespoir qui les avaient conduits là ,à l'embouchure du fleuve ,devant la mer .Où pouvaient-ils aller ?Depuis des mois ,des années,ils erraient à la recherchent d'une terre,d'une riviére,d'un puits où ils pourraient installer leurs tentes et faire leurs corrals pour leurs moutons .Beaucoups etaient morts,perdus sur les pistes qui ne vont nulle part,dans le désert ,autour de la ville de Marrakech,où dans les ravins de l'oued Tadla.
Depuis des jours les gens du désert étaient ici ,au sud de la ville fortifiée ,et ils attendaient quelque chose,Aux tribus des montagnes s'étaient mêlés les derniers guerriers de désert,chaque jour ,les hommes du désert regardaient vers la citadelle,là où devait apparaître Ahmad el hiba
Alors,le matin, la rumeur s'est propagée à travers le campement:<Moulay hiba ,Moulay Sbaa,le lion! Notre roi! Notre roi ! <des coups de feu ont claquè,et les enfants et les femmes ont crié en faisant grelotter leur voix. La foule s'est tournée vers la plaine poussiéreuse, et les cavaliérs du cheikh, envellopés dans un nuage rouge.
la foule des guerriers a couru au -devant des cavaliers,en déchargeant vers le ciel leurs carabines à longs cannons.
C'etaient ,pour la plupart,des hommes des montagnes,des chleuhs vêtus de leurs manteaux de bure,des hommes hirsutes, aux yeux flamboyants.ils venaient de leurs champs ,de leurs villages
puis les cavaliers disparaissaient vers l'autre bout de la plane, vers les rempart d'AGADIR
Quand ils ont entendu le bruit des canons pour la première fois, les hommes bleus et les guerriers se sont mis à courir vers les collines, pour regarder la mer. Le bruit ébranlait le ciel comme le tonnerre. Seul, au large d'Agadir, un grand bateau cuirassé, pareil à un animal monstrueux et lent, jetait ses éclairs. Le bruit arrivait un long moment après, un roulement suivi du bruit déchirant des obus qui explosaient à l'intérieur de la ville. En quelques instants, les hauts murs de pierre rouge n'étaient plus qu'un mon­ceau de ruines d'où s'élevait la fumée noire des incendies. Puis, des murs brisés est sor­tie la population, hommes, femmes, enfants, ensanglantés et criant. Ils ont empli la vallée du fleuve, s'éloignant de la mer le plus vite qu'ils pouvaient, en proie à la panique.
La flamme courte a brillé plusieurs fois au bout des canons du croiseur Cosmao, et le bruit déchirant des obus qui éclataient dans la Kasbah d'Agadir a retenti sur toute la vallée du fleuve Souss. La fumée noire des incendies est montée haut dans le ciel bleu, couvrant de son ombre le campement des nomades.
Alors les guerriers à cheval de Moulay Sebaa, le Lion, sont apparus. Ils ont traver­sé le lit du fleuve, se repliant vers les colli­nes, devant les habitants de la ville. Au loin, le croiseur Cosmao était immobile sur la mer couleur de métal, et ses canons se sont tournés lentement vers la vallée où fuyaient les gens du désert. Mais la flamme n'a plus brillé au bout des canons. Il y a eu un long silence, avec seulement le bruit des gens qui couraient et les cris des bêtes, tandis que la fumée noire continuait à monter dans le ciel.
Quand les soldats des Chrétiens sont apparus devant les remparts brisés de la vil­le, personne n'a compris tout de suite qui ils étaient. Peut-être même que Moulay Sebaa et ses hommes ont cru un instant que c'étaient les guerriers du Nord que Moulay Hafid, le Commandeur des Croyants, avait envoyés pour la guerre sainte.
Mais c'étaient les quatre bataillons du co­lonel Mangin, venus par marche forcée jus­qu'à la ville rebelle d'Agadir - quatre mille hommes vêtus des uniformes des tirailleurs africains, sénégalais, soudanais, sahariens, armés de fusils Lebel et d'une dizaine de mi­trailleuses Nordenfeldt. Les soldats se sont avancés lentement vers la rive du fleuve, se déployant en demi-cercle, tandis que, de l'autre côté du fleuve, au pied des collines caillouteuses, l'armée des trois mille cava­liers de Moulay Sebaa a commencé à tour­ner sur elle-même en formant un grand tourbillon qui soulevait la poussière rouge dans le ciel. A l'écart du tourbillon, Moulay Sebaa, vêtu de son manteau blanc, regardait avec inquiétude la longue ligne des soldats des Chrétiens, pareille à une colonne d'in­sectes en marche sur la terre desséchée. Il savait que la bataille était perdue d'avance, comme autrefois à Bou Denib, quand les balles des tirailleurs noirs avaient fauché plus d'un millier de ses cavaliers venus du Sud. Immobile sur son cheval qui tressail­lait d'impatience, il regardait les hommes étranges qui avançaient lentement vers le fleuve, comme à l'exercice. Plusieurs fois, Moulay Sebaa a essayé de donner l'ordre de la retraite, mais les guerriers des monta­gnes n'écoutaient pas ses ordres. Ils pous­saient leurs chevaux au galop dans cette ronde frénétique, ivres de poussière et de l'odeur de la poudre, poussant des cris dans leur langue sauvage, invoquant les noms de leurs saints. Quand la ronde s'achèvera, ils bondiront vers le piège qui leur est tendu, ils mourront tous.
Moulay Sebaa ne pouvait plus rien, à pré­sent, et des larmes de douleur emplissaient déjà ses yeux. De l'autre côté du lit du fleu­ve desséché, le colonel Mangin a fait dispo­ser les mitrailleuses à chaque aile de son armée, en haut des collines de pierres. Quand les cavaliers maures chargeront vers le centre, au moment où ils traverseront le lit du fleuve, le tir croisé des mitrailleuses les balaiera, et il n'y aura plus qu'à donner le coup de grâce, à la baïonnette.
Il y a eu encore un silence lourd, tandis que les cavaliers s'étaient arrêtés de tourner sur la plaine. Le colonel Mangin regardait avec ses jumelles, essayait de comprendre est-ce qu'ils n'allaient pas battre en retrai­te, à présent ? Alors, il faudrait marcher à nouveau pendant des jours, sur cette terre désertique, au-devant de cet horizon qui fuit et désespère. Mais Moulay Sebaa restait immobile sur son cheval, parce qu'il savait que la fin était proche. Les guerriers des montagnes, les fils des chefs de tribu étaient venus ici pour combattre, non pour fuir. Ils s'étaient arrêtés de tourner pour prier, avant l'assaut.
Ensuite, tout s'est passé très vite, sous le soleil cruel de midi. Les trois mille cavaliers ont chargé en formation serrée, comme pour une parade, brandissant leurs fusils à pierre et leurs longues lances. Quand ils sont arrivés sur le lit du fleuve, les sous-officiers commandant les mitrailleuses ont regardé le colonel Mangin qui avait levé son bras. Il a laissé passer les premiers cavaliers, puis, tout à coup, il a baissé son bras, et les canons d'acier ont commencé à tirer leur flot de balles, six cents à la minute, avec un bruit sinistre qui hachait l'air et résonnait dans toute la vallée, jusqu'aux montagnes. Est-ce que le temps existe, quand quelques minutes suffisent pour tuer mille hommes, mille chevaux ? Quand les cavaliers ont compris qu'ils étaient dans un piège, qu'ils ne franchiraient pas ce mur de balles, ils ont voulu rebrousser chemin, mais c'était trop tard. Les rafales des mitrailleuses balayaient le lit du fleuve, et les corps des hommes et des chevaux ne cessaient de tomber, comme si une grande lame invisible les fauchait. Sur les galets, des ruisseaux de sang cou­laient, se mêlant aux minces filets d'eau. Puis le silence est revenu, tandis que les der­niers cavaliers s'échappaient vers les colli­nes, éclaboussés de sang, sur leurs chevaux au poil hérissé par la peur.
Sans hâte, l'armée des soldats noirs s'est mise en marche le long du lit du fleuve, compagnie après compagnie, avec, à sa tête, les officiers et le colonel Mangin. Ils sont partis sur la piste de l'est, vers Taroudant, vers Marrakech, à la poursuite de Moulay Sebaa, le Lion. Ils sont partis sans se retourner sur le lieu du massacre, sans regarder les corps brisés des hommes éten­dus sur les galets, ni les chevaux renversés, ni les vautours qui étaient déjà arrivés sur les rives. Ils n'ont pas regardé non plus les ruines d'Agadir, la fumée noire qui montait encore dans le ciel bleu. Au loin, le croiseur Cosmao glissait lentement sur la mer cou­leur de métal, prenait le cap vers le nord.
Alors le silence a cessé, et on a entendu tous les cris des vivants, les hommes et les animaux blessés, les femmes, les enfants, comme un seul gémissement interminable, comme une chanson. C'était un bruit plein d'horreur et de souffrance qui montait de tous les côtés à la fois, sur la plaine et sur le lit du fleuve.
Maintenant, Nour marchait sur les galets, au milieu des corps étendus. Déjà les mou­ches voraces et les guêpes vrombissaient en nuages noirs au-dessus des cadavres, et Nour sentait la nausée dans sa gorge serrée.
Avec des gestes très lents, comme s'ils sortaient d'un rêve, les femmes, les hommes, les enfants écartaient les broussailles et marchaient sur le lit du fleuve, sans parler. Tout le jour, jusqu'à la tombée de la nuit, ils ont porté les corps des hommes sur la rive du fleuve, pour les enterrer. Quand la nuit est venue, ils ont allumé des feux sur chaque rive, pour éloigner les chacals et les chiens sauvages. Les femmes des villages sont venues, apportant du pain et du lait caillé, et Nour a mangé et bu avec délices. Il a dormi ensuite, couché par terre, sans même penser à la mort.
Le lendemain, dès l'aube, les hommes et les femmes ont creusé d'autres tombes pour les guerriers, puis ils ont enterré aussi leurs chevaux. Sur les tombes, il ont placé de gros cailloux du fleuve.
Quand tout fut fini, les derniers hommes bleus ont recommencé à marcher, sur la piste du sud, celle qui est si longue qu'elle semble n'avoir pas de fin. Nour marchait avec eux, pieds nus, sans rien d'autre que son manteau de laine, et un peu de pain serré dans un linge humide. Ils étaient les derniers Imazighen, les derniers hommes libres, les Taubalt, les Tekna, les Tidrarin, les Aroussiyine, les Sebaa, les Reguibat Sahel, les derniers survivants des Berik Al­lah, les Bénis de Dieu. Ils n'avaient rien d'autre que ce que voyaient leurs yeux, que ce que touchaient leurs pieds nus. Devant eux, la terre très plate s'étendait comme la mer, scintillante de sel. Elle ondoyait, elle créait ses cités blanches aux murs magnifi­ques, aux coupoles qui éclataient comme des bulles. Le soleil brûlait leurs visages et leurs mains, la lumière creusait son vertige, quand les ombres des hommes sont pareilles à des puits sans fond.
Chaque soir, leurs lèvres saignantes cher­chaient la fraîcheur des puits, la boue sau­mâtre des rivières alcalines. Puis, la nuit froide les enserrait, brisait leurs membres et leur souffle, mettait un poids sur leur nuque. Il n'y avait pas de fin à la liberté, elle était vaste comme l'étendue de la terre, belle et cruelle comme la lumière, douce comme les yeux de l'eau. Chaque jour, à la première aube, les hommes libres retournaient vers leur demeure, vers le sud, là où personne d'autre ne savait vivre. Chaque jour, avec les mêmes gestes, ils effaçaient les traces de leurs feux, ils enterraient leurs excréments. Tournés vers le désert, ils faisaient leur prière sans paroles. Ils s'en allaient, comme dans un rêve, ils disparaissaient.

ce livre decris les massacres  qui ont commis par le général brulard et son collaborateur colonel mangin,un vrai génocide envers les amazighs

J.M.G Le Clézio l'auteur de livre Le désert

LE CRIMINEL Colonel CHARL MANGIN notre pire ennemie CE FILS DE PUTE A MASSACRE LES CHLEUHS avec ces négres 

l
le criminel Jean Marie Joseph Armand Brulard (Besançon 1856-1923) est un général de division français ce fils de pute a massacré les cleuhs (nos ancetres) avec les négres africains

:مضاء : 

صرخة ألأمازيغ ألأحرار